Ce dimanche, nous nous sommes rendus, à son invitation, sur la parcelle potagère de M. Stéphane Renaert.
Avant de revenir sur cette situation, une clarification s’impose.
M. Stéphane Renaert est l’administrateur de la page Facebook « Ici c’est Coudekerque », suivie par plus de 3 200 personnes. Son attachement à sa ville et son regard très critique sur la municipalité actuelle sont connus.
Si certains constats peuvent parfois se rejoindre, celui-ci s’exprime librement sur de nombreux sujets et avec des prises de position qui lui sont propres.
Nous tenons à affirmer clairement que notre démarche, notre ligne et notre expression sont totalement indépendantes de celles de M. Renaert.
Notre présence ce jour-là s’inscrit uniquement dans notre volonté, en tant qu’association et futurs candidats, d’écouter tous les administrés, sans distinction, et de nous intéresser à toute situation pouvant révéler une injustice ou un éventuel abus.
Nous resterons toujours attentifs à la souffrance exprimée par un habitant et au respect de l’égalité de traitement, quels que soient les opinions ou le parcours de la personne concernée. Les décisions prises par une municipalité doivent toujours reposer sur l’équité, la transparence et l’intérêt général.
Pour rappel, Stéphane Renaert, habitant de notre ville, vient de perdre, en référé urgence, l’usage de sa parcelle de jardin potager, à la suite d’une procédure engagée par le maire. Motif invoqué : un prétendu défaut d’entretien.
Une procédure qui interroge
Ce qui nous interpelle aujourd’hui, ce n’est pas une simple parcelle potagère.
C’est la méthode.
Engager un référé en urgence, procédure très encadrée, rapide, laissant très peu de temps pour préparer une défense, pour une question d’entretien de jardin, de surcroit en automne, pose question.
Surtout lorsqu’on sait que l’état d’une parcelle peut s’expliquer par des pratiques parfaitement normales : repos du sol, choix favorables à la biodiversité, congés ou indisposition temporaire…
Mais surtout, cette procédure a un coût. Un coût assumé par la commune, donc par les habitants. Face à cela, M. Renaert, lui, ne dispose pas des moyens financiers pour faire appel.
- D’un côté, un administré seul.
- De l’autre, un maire utilisant des moyens juridiques disproportionnés et l’argent des contribuables.
Est-ce vraiment la meilleure utilisation de l’argent public ? Est-ce bien là l’intérêt général ?
Une guerre personnelle financée par les habitants ?
Le contexte ne peut être ignoré.
M. Renaert est connu pour son engagement citoyen et son esprit critique à l’égard de la municipalité. Il a d’ailleurs remporté récemment une procédure importante face au maire.
Dès lors, une question s’impose :
s’agit-il réellement de protéger un règlement… ou de mener une guerre personnelle avec les moyens de la commune ?
À l’heure où tant de besoins restent insatisfaits dans notre ville, voir de l’argent public mobilisé pour ce type de contentieux choque de nombreux habitants.
Cet argent serait sans doute plus utile ailleurs.
Un décalage qui interroge
Ce dossier met en lumière un décalage difficile à ignorer. D’un côté, un administré modeste, vivant en appartement, pour qui une parcelle potagère représente bien plus qu’un simple terrain : un espace de respiration, d’ancrage et de ressources alimentaires. De l’autre, un maire qui ne vit pas au quotidien dans la commune qu’il administre, propriétaire d’une maison avec jardin servant seulement de décor électoral, mais qui choisit néanmoins d’engager des procédures disproportionnées contre l’un de ses administrés.
Nous ne jugeons évidemment pas les choix de vie personnels. Chacun est libre de vivre là où il construit son équilibre familial, là où il veut voir grandir ses enfants et nous le respectons. Mais il y a parfois un décalage troublant entre les discours sur “l’amour de la ville” et la réalité d’un enracinement vécu ailleurs.
Alors, peut-être faudrait-il un peu plus de compréhension pour ceux qui, eux, vivent ici toute l’année, en appartement, et trouvent du bonheur dans un petit bout de terre.
Gérer une ville, ce n’est pas seulement l’administrer à distance. C’est aussi comprendre ce que représente, concrètement, un jardin pour ceux qui n’en ont pas.
Interpellation respectueuse du maire
C’est pourquoi nous souhaitons interpeller publiquement M. le Maire.
Parfois, renoncer à une décision, c’est faire preuve de hauteur. Il ne s’agit pas ici de contester une décision de justice, un juge s’est prononcé, et nous respectons l’institution judiciaire. Toutefois vous n’êtes pas obligé d’aller jusqu’au bout. Vous avez encore le choix de l’apaisement Rien ne vous oblige à exécuter immédiatement la reprise de cette parcelle.
Nous vous proposons une voie simple et responsable : suspendre toute décision jusqu’aux élections municipales de mars 2026 et laisser le temps démocratique faire son œuvre.
Dans cet esprit :
- si vous êtes reconduit par les urnes, M. Renaert s’engage à restituer la parcelle dès le lendemain de l’élection;
- si nous sommes élus, nous prendrons l’engagement de lui laisser cette parcelle, confiants dans son entretien futur et convaincus qu’un dialogue apaisé vaut mieux que des procédures coûteuses et chronophages.
Conclusion
Ce dossier n’est pas anecdotique. Au-delà du questionnement légitime sur les véritables raisons de l’intervention municipale, il révèle une façon d’exercer le pouvoir : rapide pour sanctionner, coûteuse pour la collectivité, et peu ouverte au dialogue.
À moins de 3 mois des élections, laissons les urnes décider, plutôt que les référés.





